Oecuménisme en Essonne

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Fiche n°5 : L’œcuménisme, pour réunir les chrétiens

A l’exception du départ des Eglises orientales anciennes, aux Ve et VIe siècles, c’est essentiellement au cours du millénaire qui vient de s’achever que se sont produites les grandes fractures du christianisme, toujours réelles aujourd’hui.

L’Eglise catholique a tenté, à divers moments de l’histoire, de faire revenir à elle les Eglises qui l’avaient quittée. Mais, peut-être justement parce qu’elle ne concevait le retour à l’unité que comme un retour à elle, ses tentatives ont échoué.
Le concile Vatican II l’a engagée sur la voie de l’œcuménisme qui était né au début du XXe siècle en milieu protestant et anglican et dont, dans un premier temps, elle était restée volontairement à l’écart.

L’œcuménisme, tel qu’on le conçoit aujourd’hui, date d’une centaine d’années. Il est né parce que des missionnaires protestants et anglicans ont, dans une conférence missionnaire mondiale qui se tenait en Ecosse, à Edimbourg, en 1910, pris conscience que les divisions des chrétiens étaient un obstacle majeur à l’évangélisation des peuples qui ne connaissent pas le Christ. De là sont venues diverses institutions qui ont abouti en 1948 à la création du Conseil œcuménique des Eglises. Ce Conseil rassemble un grand nombre d’Eglises protestantes, anglicanes, orthodoxes à Genève, mais pas l’Eglise catholique. Il est un organe de dialogue entre Eglises mais pas une « super-Eglise ».

Lors du Concile Vatican II, l’Eglise catholique a donc changé d’attitude quant à l’œcuménisme ?

Avant le concile Vatican II, l’Eglise catholique était très réticente devant l’œcuménisme. Certes, il y eut des pionniers de l’œcuménisme parmi les catholiques, mais ils furent peu nombreux. Il faut toutefois citer quelques noms : le cardinal Mercier, archevêque de Malines-Bruxelles, qui après la première guerre mondiale patronna, sans succès, des conversations entre catholiques et anglicans ; l’abbé Paul Couturier qui popularisa la semaine de prière pour l’Unité des chrétiens ; le père Yves-Marie Congar, un théologien dominicain, qui dès avant la deuxième guerre mondiale s’engagea dans le dialogue théologique avec des protestants.

Par contre le concile Vatican II a engagé l’Eglise catholique d’une manière irréversible dans le mouvement œcuménique : l’Eglise catholique soutient maintenant que l’œcuménisme exige une « conversion » de toutes les Eglises et de tous les chrétiens. Donc, aussi, de l’Eglise catholique et des catholiques. Jean-Paul II l’a dit et répété souvent, notamment dans son encyclique « Ut unum sint » (« Qu’ils soient un ») de 1995 - « L’engagement œcuménique est un impératif de la conscience chrétienne » y écrit le pape.

À la suite du concile, l’Eglise catholique s’est engagée au niveau national comme au niveau mondial dans de très nombreux dialogues théologiques avec les autres Eglises. Elle a de même participé au dialogue ouvert dans le cadre du Conseil œcuménique des Eglises. Elle a avec ce dernier des rapports réguliers et elle collabore pleinement à sa commission théologique : « Foi et Constitution ». Bien des désaccords ont été, sinon levés, au moins précisés. Les accords entre théologiens vont particulièrement loin dans le cadre du dialogue catholique-luthérien et du dialogue catholique-anglican. Un accord a même été signé en octobre 1999, à Augsbourg, par l’Eglise catholique et par la Fédération luthérienne mondiale (FLM) sur le point central de la division du XVIe siècle : la justification par la foi.
Mais il y a encore plus concret.

En France, nous pouvons lire la Bible dans une traduction œcuménique, la TOB ; nous disposons d’une même traduction du Notre Père ; tout baptême administré au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit dans une Eglise chrétienne est reconnu par l’Eglise catholique ; catholiques, protestants, orthodoxes travaillent ensemble dans de multiples associations comme l’ACAT (Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture). Les occasions de prier publiquement ensemble sont multiples, même en dehors de la semaine de prière pour l’Unité des chrétiens.

En essonne :

Un délégué diocésain à l’œcuménisme, entouré d’un Service diocésain composé d’une douzaine de personnes, est chargé par l’évêque, d’une part, d’établir des relations fraternelles avec les autres Eglises chrétiennes ; d’autre part de promouvoir l’œcuménisme dans l’Eglise catholique qui est à Evry.

Les rapports avec les principales Eglises chrétiennes non-catholiques de l’Essonne sont excellents. Une structure permanente a pu être créée : c’est la Commission œcuménique inter-confessionnelle de l’Essonne qui réunit le Service diocésain et des représentants des Eglises non catholiques engagées sur la voie de l’œcuménisme.

Cette Commission inter-confessionnelle a organisé un certain nombre de célébrations œcuméniques à la cathédrale d’Evry depuis mai 1997.
Plaquette

L’exposition sur « la Bible, patrimoine culturel de l’humanité » qui a été présentée début 2002 au Centre d’Art Sacré de la cathédrale d’Evry a aussi été lancée par la Commission inter-confessionnelle.

Quant au Service diocésain, outre sa participation à la Commission inter-confessionnelle, il s’efforce à rendre toujours plus œcuménique l’Eglise catholique qui est en Essonne.

Ajoutons que les groupes œcuméniques sont nombreux dans notre département, de même que les cercles bibliques œcuméniques.