Oecuménisme en Essonne

Accueil > Documentation > Fiche n°4 : Les autres Eglises chrétiennes

Fiche n°4 : Les autres Eglises chrétiennes

Les protestants ne sont pas les seuls chrétiens non-catholiques présents en France. Les anglicans qui, bien qu’issus de la Réforme du XVIe siècle, ne se considèrent pas comme protestants. On y trouve aussi des « chrétiens orientaux » : certains sont unis à l’Eglise de Rome, bien que n’appartenant pas à l’Eglise latine, mais beaucoup en sont séparés depuis au moins dix siècles quand ce n’est pas quinze siècles.
Cette fiche voudrait permettre aux catholiques français de se retrouver un peu dans un monde qui peut leur paraître étrange alors qu’il constitue, comme le dit Jean-Paul II, le deuxième poumon de l’Eglise universelle : le poumon oriental. Mais il convient de parler d’abord des anglicans qui, eux, sont bien occidentaux.

C’est le roi d’Angleterre Henry VIII qui, au XVIe siècle, a rompu avec le pape qui refusait d’annuler son premier mariage. Depuis lors, l’Eglise d’Angleterre ne reconnaît pas l’autorité du pape. Henri VIII a adopté certains principes de la Réforme : la prééminence de la Bible, le mariage des prêtres, la communion sous les deux espèces. Mais il a gardé l’épiscopat, c’est-à-dire les évêques, et en gros la liturgie catholique d’alors un peu simplifiée. Plus tard sa fille Elizabeth Ière a confirmé cela.
Une certaine évolution a eu lieu récemment à la suite et dans le sens du concile Vatican II, en ce qui concerne la liturgie notamment.
En fait, il y a des courants divers dans l’Eglise anglicane : l’un qui est très proche de l’Eglise catholique, l’autre plus proche du protestantisme et souvent aujourd’hui du courant évangélique.

Il y a des anglicans dans tous les pays qui ont été sous domination anglaise. L’ensemble des Eglises anglicanes forme la Communion anglicane. Le diocèse catholique d’Evry est jumelé avec un diocèse anglican d’Angleterre, celui de Guildford, au Sud de Londres. En Essonne, des anglicans célèbrent tous les dimanches après-midi à Saint-Paul de Chevry.


L’Eglise orthodoxe est incontestablement celle qui a le moins changé depuis les débuts du christianisme ; sa liturgie, très belle, date de 1500 ans. La séparation de Rome date, elle, du XIe siècle ; depuis, le fossé culturel qui existait déjà s’est encore creusé. Mais la foi des deux Eglises est identique même si les deux Eglises ne mettent pas l’accent sur les mêmes points.

La différence essentielle tient au fait que l’Eglise orthodoxe ne reconnaît pas la primauté du pape, telle du moins qu’elle est exercée aujourd’hui.
 Mais l’orthodoxie c’est surtout une sensibilité, un esprit différents. Un esprit qui apparaît dans la liturgie, dans la prière. Un esprit qui fait une plus grande place au mystère de Dieu, au Saint-Esprit, à la Sainte Trinité. Qui ne veut pas tout expliquer rationnellement. Un esprit dont peut-être nous ferions bien, nous occidentaux, de nous inspirer un peu !

On trouve des orthodoxes en Orient où, il ne faut jamais l’oublier, l’Eglise du Christ est née. Cet Orient comprend tout l’Est de l’Europe que l’Eglise de Constantinople (aujourd’hui Istanbul en Turquie) a évangélisé, à l’exception de la Pologne qui, elle, est catholique. Mais les Européens de l’Est ont été amenés à émigrer à l’Ouest, notamment à la suite de la Révolution communiste de 1917 en Russie. Si bien que l’on trouve en France un nombre non négligeable d’orthodoxes russes. catholiques et protestantes.

On peut parler à la fois de l’Eglise orthodoxe et des Eglises orthodoxes. L’Eglise orthodoxe est formée d’Eglises autonomes, en communion entre elles, mais qui se gouvernent librement et qui se disent donc « autocéphales ». Souvent elles sont « nationales », ce qui est une déviation de la vraie « orthodoxie ». Certaines ont à leur tête un patriarche, d’autres un archevêque seulement. La plus importante est l’Eglise russe, la seconde étant l’Eglise roumaine. Puis vient l’Eglise grecque.

Le patriarche de Constantinople, qui n’a dans la Turquie d’aujourd’hui que quelques milliers de fidèles, bénéficie d’une primauté d’honneur ; il est « primus inter pares » (premier parmi ses pairs) ; il porte le titre de patriarche œcuménique. Il n’a toutefois pas une autorité véritable sur les autres Eglises orthodoxes ; c’est ainsi par exemple qu’il ne parvient pas à convoquer un concile pan-orthodoxe.
Les Eglises orthodoxes présentes en France dépendent de patriarcats différents : elles sont grecque, russe, roumaine, serbe, ou géorgienne. Du patriarcat œcuménique de Constantinople dépendent les Eglises russes qui ont rompu avec le patriarcat de Moscou du temps des communistes : c’est le cas de nombre d’entre elles qui regroupent les descendants des émigrés russes des années 1920. Les évêques orthodoxes en France sont regroupés dans une assemblée que préside le métropolite Emmanuel.

En Essonne, nous avons un lieu de rassemblement orthodoxe à Sainte-Geneviève-des-Bois : le plus grand cimetière orthodoxe russe de France avec une église et une paroisse. La paroisse est rattachée au patriarcat de Constantinople, tout en étant de langue russe. Une communauté serbe existe aussi à Montgeron et une communauté géorgienne à Leuville-sur-Orge. Les locaux de la métropole orthodoxe roumaine d’Europe occidentale et méridionale se trouvent à Limours ; le métropolite Joseph, du Patriarcat de Bucarest, y réside de temps à autre. Enfin le séminaire russe du patriarcat de Moscou.

Le recteur du séminaire est le père Alexandre Siniakov. (Voir le site du séminaire)

Les coptes, les syriaques, les arméniens, les assyriens de l’Orient font partie d’antiques Eglises qui se sont séparées de Constantinople et de Rome alors unies, à la suite de conciles du Ve siècle dont ces Eglises n’ont pas accepté les conclusions.
Elles ont gardé leur liturgie d’origine qui ressemble plus ou moins à la liturgie orthodoxe. On les qualifie assez souvent d’orthodoxes alors qu’à l’origine elles se sont séparées de l’orthodoxie, de Byzance, plus que de Rome. Ce sont des Eglises orientales comme les Eglises orthodoxes.

Durant des siècles elles ont vécu très isolées, en milieu musulman pour la plupart. Elles s’ouvrent aujourd’hui à l’Occident. Et nous devons favoriser cette ouverture. Les dialogues qui se sont instaurés tant avec l’orthodoxie qu’avec l’Eglise catholique sont très fructueux. Sur le plan culturel un monde nous sépare ; sur le plan de la foi, presque rien. Ce sont des Eglises qui ont, sans contestation possible, la succession apostolique et dont les sacrements sont considérés comme pleinement valides par l’Eglise catholique.

A côté de plusieurs d’entre elles, existent des Eglises en communion avec Rome : il y a donc des coptes et des arméniens catholiques. 
Pour leur part, les arméniens constituent sûrement le troisième groupe chrétien en France. Ils sont 400 000 environ, descendants des rescapés du génocide de 1915, qui appartiennent pour la plupart à l’Eglise arménienne apostolique dite aussi grégorienne.
 Les arméniens apostoliques ont une cathédrale à Paris mais peu de lieux de culte ailleurs, sauf à Marseille et en banlieue parisienne. Un certain nombre d’entre eux pratiquent sans doute dans l’Eglise catholique mais ils restent au fond de leur cœur fidèles à leur Eglise comme à leur arménité.

Fiche n°5 : L’œcuménisme, pour réunir les chrétiens

Fiche n°3 : Les protestants : ce qui les différencie