Oecuménisme en Essonne

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Fiche n°3 : Les protestants : ce qui les différencie

Les protestants sont fort divers et il est parfois difficile de s’y retrouver.

Il n’y a effectivement pas une Eglise protestante mais diverses Eglises qui se réclament plus ou moins de la Réforme du XVIe siècle. Il est même une Eglise issue de la Réforme et qui ne se dit guère protestante : c’est l’Eglise d’Angleterre ou Eglise anglicane ; on en parlera dans la fiche suivante. Mais précisons que si les protestants s’accommodent souvent fort bien de ne pas appartenir à la même Eglise « visible », ils croient tout de même en une Eglise à la fois une et universelle, mais ils pensent que cette Eglise est « invisible » et que seul Dieu en connaît les membres.

L’Eglise réformée de France regroupe les protestants français qui se rattachent à Calvin et s’inscrivent dans la tradition du protestantisme français des XVIe et XVIIe siècles, au temps où il était admis en France. On trouve plusieurs paroisses réformées en Essonne : à Palaiseau, à Sainte-Geneviève-des-Bois, à Corbeil. Des paroisses installées dans des départements voisins rayonnent aussi sur l’Essonne : ainsi la paroisse de Villeneuve-Saint-Georges (Val de Marne) par rapport à Brunoy et Montgeron ; et celle de Choisy-le-Roi par rapport à Athis-Mons.


Les Eglises luthériennes, elles, se rattachent à Luther. Les luthériens sont nombreux en Alsace et dans le Pays de Montbéliard ; on en trouve aussi à Paris et en banlieue : il y a une paroisse luthérienne en Essonne, à Massy.
On trouve aussi des Eglises réformées qui ne font pas partie de l’Eglise réformée de France : il y en a une à Massy qui est à la fois évangélique et réformée.
Et puis il y a surtout en Essonne de nombreuses Eglises de la famille évangélique : baptistes, pentecôtistes.

L’Église protestante unie de France

Créée en 2012, l’Église protestante unie de France est l’union de l’Église réformée de France et l’Église évangélique luthérienne de France. Ces deux Églises sont nées au XVIè siècle dans le mouvement de la Réforme, Elles sont membres fondateurs de la Fédération protestante de France en 1905.

Cette nouvelle Église s’inscrit dans une dynamique commune, en vue d’un meilleur témoignage et de service de l’Évangile sein de la société française. Elle prend en compte le plus largement possible la diversité existant dans les traditions luthérienne et réformée avec la volonté de s’en enrichir.

Repères
400 000 personnes font appel aux services de l’Église protestante unie de France,
500 pasteurs dont I/3 de femmes
450 paroisses
1000 lieux de culte

Contact
Église protestante unie de France
47 rue de Clichy, 75009 Paris

Protestants de la famille évangélique ?

La famille évangélique est née au XVIIe siècle du mouvement puritain, lui-même en réaction contre l’Eglise d’Angleterre jugée pas suffisamment évangélique par un certain nombre de dissidents. Elle s’est développée surtout aux Etats-Unis et s’est diversifiée au cours des siècles suivants : les baptistes sont apparus les premiers, puis les méthodistes, puis les pentecôtistes.

Les baptistes.

Ce sont des dissidents anglais exilés aux Pays-Bas qui, dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, ont eu l’idée, à la suite de la fréquentation de mennonites, d’adopter le principe du baptême des seuls « professants ». Ils s’appellent baptistes parce qu’ils ne donnent le baptême qu’à des adultes s’engageant publiquement à croire et à vivre en chrétiens. Ils considèrent en effet que le baptême donné à des enfants n’est pas valide.

Les Eglises baptistes sont donc des Eglises de « professants » : 40 millions dans le monde, 100 millions, si on compte les enfants qui ne seront baptisés qu’à 18 ans environ s’ils professent publiquement leur foi.
Dans les Eglises baptistes le culte est beaucoup plus chaud et « coloré » que dans les Eglises protestantes « historiques » : on y chante beaucoup, les mains levées vers le ciel ; les exigences morales y sont aussi plus grandes. Les baptistes sont très nombreux aux Etats-Unis, notamment parmi les noirs. Martin Luther King, mort dans sa lutte pour l’émancipation des noirs, était un pasteur baptiste.
On trouve des baptistes en Essonne à Massy, Morsang-sur-Orge, Chevry. Il s’agit là de baptistes qui adhèrent à la Fédération protestante de France. Mais tous les baptistes n’y adhèrent pas.

Et on en trouve aussi en Essonne.
Les méthodistes appartiennent aussi à la famille évangélique. Ils sont également nés en Angleterre mais au XVIIIe siècle. Le fondateur du méthodisme est John Wesley, un prêtre anglican, qui voulait revivifier l’Eglise d’Angleterre et qui, n’en étant pas entendu, s’est résolu à fonder une Eglise à part qui s’est, elle aussi, surtout développée aux Etats-Unis. Les Eglises méthodistes comptent 70 millions de fidèles. Elles sont fort diverses : les unes ont des évêques, les autres pas. Il y a peu d’Eglises méthodistes en France car en 1938 la plupart de celles qui existaient alors se sont fondues dans l’Eglise réformée de France.

Les méthodistes se rapprochent souvent des anglicans aujourd’hui.
Les pentecôtistes constituent aujourd’hui la famille protestante la plus nombreuse. Certains avancent le chiffre de 400 millions. Ils se qualifient très souvent simplement d’évangéliques. Ils ont progressé considérablement, depuis la guerre, en Amérique latine, en Afrique, en Asie et même en Europe, tout cela à partir des Etats-Unis où le pentecôtisme est né au début du XXe siècle.
Le « mouvement charismatique » qui s’est développé dans les anciennes Eglises et particulièrement dans l’Eglise catholique, à partir des années 60, est issu du pentecôtisme.


On trouve en Essonne beaucoup d’Eglises évangéliques indépendantes : elles sont la plupart du temps d’inspiration pentecôtiste et ont parfois des comportements sectaires. Elles sont souvent hostiles à tout œcuménisme. Mais cela est susceptible d’évoluer et évolue en fait.
Il y a bien d’autres Eglises protestantes nées au cours de l’histoire mais que l’on ne rencontre guère aujourd’hui chez nous. Il faut aussi préciser que les Mormons et plus encore les Témoins de Jéhovah ne sont pas considérés par les protestants eux-mêmes comme des Eglises chrétiennes mais comme des sectes : Mormons comme Témoins de Jéhovah n’acceptent pas l’ensemble de la Bible mais ne retiennent que ce que leur « fondateur » leur a dit de retenir.


Quant à l’Armée du Salut, elle ne se présente pas comme une Eglise (on n’y administre pas les sacrements) mais elle appartient au monde protestant. Ses membres peuvent, ou non, les recevoir dans une Eglise, quelle qu’elle soit. A l’Armée du Salut, on ne se préoccupe que de « savon, soupe et salut ».

Au sens large du terme, la plupart des Eglises évangéliques appartiennent au monde protestant : grande place accordée à la Bible (assez souvent interprétée à la lettre, dans un sens « fondamentaliste ») et aussi à la grâce. Mais elles se distinguent nettement des Eglises protestantes luthériennes ou réformées : la grâce se mérite, la foi doit produire des œuvres. Le croyant doit progresser sur la voie de la sainteté par ses œuvres. Aussi, peu d’Eglises évangéliques font partie de la Fédération protestante de France, et peu nombreuses sont celles qui adhèrent au Conseil œcuménique des Eglises de Genève.